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La vie est courte, mais large

21/7/2025

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« La vie est courte, mais large. » — Jim Harrison
Je viens de découvrir cette phrase, cette citation ! Quelle joie, moi qui ai toujours pensé que nous n’avions pas un chemin de vie à suivre mais un territoire à explorer. Alors en se retournant, nous voyons le chemin…
Oui il y a des phrases comme des flèches.
Elles ne font pas de bruit, mais elles atteignent le cœur.
Celle-ci, de Jim Harrison, poète du vent et de la chair, ne cesse de résonner :
« La vie est courte… mais large. »
Oui, elle file à une vitesse parfois déroutante.
Les jours glissent, les années fondent, les rides apparaissent sans prévenir.
Et pourtant.
Et pourtant, il y a cette largeur.
Cette ampleur.
Cette expansion possible.
La vie, ce n’est pas seulement une ligne droite entre deux points.
C’est un vaste territoire, un territoire à explorer à en perdre haleine.
Une plaine intérieure où l’on peut danser, ralentir, tomber, aimer, se taire.
On peut choisir de marcher sur les bas-côtés, de s’arrêter pour écouter un oiseau ou le silence entre deux battements de cœur.
Oui, elle est courte.
Mais entre le lever et le coucher du soleil, que de possibles.
Que de gestes, de regards, de repas partagés, de souffles profonds, de tremblements acceptés.
Dans nos pratiques — qu’elles soient chamaniques, contemplatives, ou tout simplement humaines — nous apprend à faire de cette vie étroite un espace vaste.
À goûter chaque seconde avec un peu plus de présence.
À déplier le quotidien, comme un papier froissé, pour en révéler les plis invisibles.
Boire une tasse de thé en écoutant le vent.
Dire un vrai « oui ». Ou un vrai « non ».
Faire un feu, poser une main sur un arbre, suivre une étoile sans savoir où elle mène.
Être là, simplement.
Dans ce souffle que nous partageons, je vous invite à élargir votre vie.
Pas forcément à la remplir.
Mais à l’habiter plus largement.
À lui redonner des marges.
Des respirations.
Des soupirs.
Des silences.
Et à chaque fois que vous sentez l’étau du quotidien se resserrer, rappelez-vous :
La vie est courte, oui.
Mais elle peut être si vaste, si pleine, si lumineuse, qu’un seul instant suffit parfois à tout embrasser.
Alors, ce matin, ce soir, ou au milieu de la nuit…Respirez, respirons.
Ouvrons les bras. Et laissons la largeur nous traverser.
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Le souffle patient : quand le chemin et la répétition font naître la qualité

14/7/2025

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Très souvent, on nous enseigne que la qualité prime sur la quantité.
C’est une idée séduisante, presque romantique : celle d’atteindre la perfection en un seul geste, d’oser un mot parfait du premier coup, d’offrir une œuvre aboutie sans hésitation.
Mais la vie, elle, joue une autre mélodie.
Elle nous murmure qu’avant la finesse, il y a le brut.
Avant la grâce, il y a le balbutiement.
Avant la qualité, il y a la quantité.
Les anciens sages du Tao nous parlaient du Gong 功 — souvent traduit par « travail » mais qui, en vérité, désigne tout ce qui doit être répété, patiemment, inlassablement.
Le Gong n’est pas une tâche ponctuelle.
C’est une danse longue, une respiration profonde, une offrande de notre temps et de notre souffle.
C’est la promesse que nous faisons à nous-mêmes de revenir, encore et encore, sur le même chemin, jusqu’à ce que l’ordinaire devienne extraordinaire.
C’est pareil dans le chamanisme, dans le Qi Gong, dans la calligraphie, dans l’art de la parole ou du silence.
Ce qui paraît « magique » à l’extérieur est, en réalité, le fruit d’innombrables allers-retours.
De gestes répétés, affinés, écoutés.
De ratés, de découragements, de reprises.
De ce grain de poussière d’effort déposé chaque jour, qui, à force, devient montagne de sagesse.


Vouloir être « prêt » avant de commencer est une illusion qui nous vole notre élan.
On n’attend pas de jouer parfaitement du piano avant de poser ses doigts sur les touches.
On ne cherche pas une foulée parfaite avant d’oser courir.
On ne retient pas son souffle en espérant un souffle parfait.
On respire.
On avance.
On offre.
Et c’est dans ce don maladroit, vibrant, sincère, que la qualité naît, comme un fruit mûr tombant d’un arbre patiemment cultivé.
Dans notre monde, où le perfectionnisme guette à chaque détour de pensée, osons la quantité vivante.
Osons le « pas encore parfait ».
Osons le souffle rugueux et la voix tremblante.
Car la qualité n’est pas un point de départ.
Elle est une récolte.
Une vibration qui se dessine lentement, dans la matière et dans l’âme.
​

Alors, que ce soit en Qi Gong, dans nos marches, dans notre art ou dans nos élans du cœur… Répétons.
Offrons-nous la permission d’être en chemin.
Et voyons la qualité apparaître comme un reflet de notre patience et de notre amour.
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