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Aristote disait : « Il est impossible qu’une seule et même chose soit, et tout à la fois ne soit pas. »
Ce principe, dit de non-contradiction, ne concerne pas seulement les choses, mais aussi les idées. Selon lui, on ne peut pas, dans une même pensée, donner son assentiment à deux thèses opposées. Ce principe a bâti la logique occidentale. Il a fondé la science, le droit, la philosophie. Mais en spiritualité, cette règle ne tient plus. Elle devient floue, Voire inutile. Elle sépare là où il faudrait unir. Elle cherche la ligne droite dans un monde fait de spirales. Les mystiques, les chamans, les rêveurs vivent dans un espace où une chose peut être vraie et fausse en même temps. Où un arbre est silencieux… et parle. Où une présence est absente… et pourtant là. Prenons le temps en exemple. Il est courant d’affirmer que : « le temps n’existe pas ». Et il est tout aussi courant d’entendre : « tout arrive en temps et heure » ou encore « c’est que ce n’était pas le moment ». Alors, Contradiction ? Ou paradoxe fécond ? Le temps n’existe pas dans l’absolu. Le divin est hors du temps. L’instant présent est infini. Et pourtant dans l’incarnation, le temps existe. Les enfants naissent. Les corps vieillissent. Les cloches d’église sonnent à l’heure. Et c’est peut-être ça, la sagesse : ne pas choisir entre les deux. Le temps existe… et n'existe pas. Les églises sont les maisons de l’intemporel… …qui structurent le temps. On entend aussi : « le hasard n’existe pas ». Mais la nature, elle, joue. Elle improvise. Elle sème dans le vent. Les mutations sont imprévisibles. Les nervures d’une feuille ne sont jamais les mêmes. Le vivant se transforme par des essais incertains… que la sélection naturelle filtre. Et pourtant… Les oiseaux migrent aux mêmes périodes. Les marées obéissent à la lune. L’ordre règne. Alors ? Hasard ou précision ? Les deux. Peut-être que c’est grâce à l’aléatoire que le divin peut tisser de nouvelles trames. Que c’est dans le flou que la forme peut émerger. Le chaos apparent est parfois une main invisible en train de dessiner. Et toi, tu sais. Quand tu déposes une offrande à la Terre au pied d'un arbre, tu sais que l’arbre ne parle pas — et qu’il te répond quand même. Quand tu allumes une bougie pour un défunt, tu sais qu’il ne reviendra pas — et pourtant, qu’il est là ! Quand un animal te parle dans tes rêves, tu sais que c’est absurde — et que c’est un message. Contradiction ? Ou réalité plus vaste ? Le taoïsme le dit depuis toujours : le monde n’est pas fait de séparations. Le yin ne s’oppose pas au yang. Il le complète. Ils forment un tout. En chinois, on ne dit pas “le yin et le yang” — on dit le yin yang, comme un seul souffle. C’est comme notre clair-obscur : une vérité plus fine que la lumière seule ou l’ombre seule. Un entre-deux vivant. Dans cette vision, la contradiction n’est pas une erreur à corriger, mais une respiration. Un pont. Un mouvement. Dans l’hindouisme, on appelle ça Līlā — le jeu divin. Un jeu sacré où Dieu est l’acteur, le spectateur… et la scène. Où les opposés ne s’annulent pas — ils se cherchent, se défient, se traversent. La lumière a besoin de l’ombre. Le vide donne forme au vase. L’éternel passe par les aiguilles de la montre. Alors non, il ne s’agit pas de rejeter le principe de non-contradiction d'Aristote. Il a toute sa place. Dans les mathématiques. Dans les lois. Mais il faut savoir où il s’applique… …et où il enferme. La spiritualité n’a pas besoin de logique. Elle a besoin de justesse. De résonance. De présence. Et peut-être qu’un jour, on acceptera ceci : que certaines vérités sont simultanément incompatibles… et nécessaires. Que la mort est une fin… et un passage. Que l’esprit est dans le corps… et au-delà. Que l’église sonne les heures… pour mieux nous rappeler l’éternité. Et que vivre la contradiction… c’est toucher le mystère.
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« La vie est courte, mais large. » — Jim Harrison
Je viens de découvrir cette phrase, cette citation ! Quelle joie, moi qui ai toujours pensé que nous n’avions pas un chemin de vie à suivre mais un territoire à explorer. Alors en se retournant, nous voyons le chemin… Oui il y a des phrases comme des flèches. Elles ne font pas de bruit, mais elles atteignent le cœur. Celle-ci, de Jim Harrison, poète du vent et de la chair, ne cesse de résonner : « La vie est courte… mais large. » Oui, elle file à une vitesse parfois déroutante. Les jours glissent, les années fondent, les rides apparaissent sans prévenir. Et pourtant. Et pourtant, il y a cette largeur. Cette ampleur. Cette expansion possible. La vie, ce n’est pas seulement une ligne droite entre deux points. C’est un vaste territoire, un territoire à explorer à en perdre haleine. Une plaine intérieure où l’on peut danser, ralentir, tomber, aimer, se taire. On peut choisir de marcher sur les bas-côtés, de s’arrêter pour écouter un oiseau ou le silence entre deux battements de cœur. Oui, elle est courte. Mais entre le lever et le coucher du soleil, que de possibles. Que de gestes, de regards, de repas partagés, de souffles profonds, de tremblements acceptés. Dans nos pratiques — qu’elles soient chamaniques, contemplatives, ou tout simplement humaines — nous apprend à faire de cette vie étroite un espace vaste. À goûter chaque seconde avec un peu plus de présence. À déplier le quotidien, comme un papier froissé, pour en révéler les plis invisibles. Boire une tasse de thé en écoutant le vent. Dire un vrai « oui ». Ou un vrai « non ». Faire un feu, poser une main sur un arbre, suivre une étoile sans savoir où elle mène. Être là, simplement. Dans ce souffle que nous partageons, je vous invite à élargir votre vie. Pas forcément à la remplir. Mais à l’habiter plus largement. À lui redonner des marges. Des respirations. Des soupirs. Des silences. Et à chaque fois que vous sentez l’étau du quotidien se resserrer, rappelez-vous : La vie est courte, oui. Mais elle peut être si vaste, si pleine, si lumineuse, qu’un seul instant suffit parfois à tout embrasser. Alors, ce matin, ce soir, ou au milieu de la nuit…Respirez, respirons. Ouvrons les bras. Et laissons la largeur nous traverser. Très souvent, on nous enseigne que la qualité prime sur la quantité.
C’est une idée séduisante, presque romantique : celle d’atteindre la perfection en un seul geste, d’oser un mot parfait du premier coup, d’offrir une œuvre aboutie sans hésitation. Mais la vie, elle, joue une autre mélodie. Elle nous murmure qu’avant la finesse, il y a le brut. Avant la grâce, il y a le balbutiement. Avant la qualité, il y a la quantité. Les anciens sages du Tao nous parlaient du Gong 功 — souvent traduit par « travail » mais qui, en vérité, désigne tout ce qui doit être répété, patiemment, inlassablement. Le Gong n’est pas une tâche ponctuelle. C’est une danse longue, une respiration profonde, une offrande de notre temps et de notre souffle. C’est la promesse que nous faisons à nous-mêmes de revenir, encore et encore, sur le même chemin, jusqu’à ce que l’ordinaire devienne extraordinaire. C’est pareil dans le chamanisme, dans le Qi Gong, dans la calligraphie, dans l’art de la parole ou du silence. Ce qui paraît « magique » à l’extérieur est, en réalité, le fruit d’innombrables allers-retours. De gestes répétés, affinés, écoutés. De ratés, de découragements, de reprises. De ce grain de poussière d’effort déposé chaque jour, qui, à force, devient montagne de sagesse. Vouloir être « prêt » avant de commencer est une illusion qui nous vole notre élan. On n’attend pas de jouer parfaitement du piano avant de poser ses doigts sur les touches. On ne cherche pas une foulée parfaite avant d’oser courir. On ne retient pas son souffle en espérant un souffle parfait. On respire. On avance. On offre. Et c’est dans ce don maladroit, vibrant, sincère, que la qualité naît, comme un fruit mûr tombant d’un arbre patiemment cultivé. Dans notre monde, où le perfectionnisme guette à chaque détour de pensée, osons la quantité vivante. Osons le « pas encore parfait ». Osons le souffle rugueux et la voix tremblante. Car la qualité n’est pas un point de départ. Elle est une récolte. Une vibration qui se dessine lentement, dans la matière et dans l’âme. Alors, que ce soit en Qi Gong, dans nos marches, dans notre art ou dans nos élans du cœur… Répétons. Offrons-nous la permission d’être en chemin. Et voyons la qualité apparaître comme un reflet de notre patience et de notre amour. Extrait de Newsletter Ethno-Passion 2025 Aujourd’hui je vais te raconter un peu le début de l’histoire. Ce fil qui fait qu’aujourd’hui tu es présent sur notre site Ethno-Passion.
Bonjour à toutes et tous et bienvenue sur « Ce grand chemin qui n’a pas de porte. Des milliers de routes y débouche, celui qui franchit cette porte sans porte, marche librement entre la Terre et le Ciel ». Cette citation me vient d’un livre de Roland Habersetzer, d’un de ses livres sur le Karaté que j’ai pratiqué vers mes 16 ans. A la fin de son livre, aux éditions Marabout, je m’en rappelle encore, il y avait tout un chapitre sur le coté invisible de la Force. Pour moi, un truc de «ouf». Depuis mes 9 ans, je n'ai jamais arrêté de chercher ce qu’il pouvait bien y avoir «derrière»… Bon il m’a fallu des années pour commencer à comprendre ce que cela pouvait bien dire. D’autant plus que toujours dans l’âge de mes 16 ans, en vacances avec mes parents dans l’Hérault chez ma grand-mère paternelle, j’ai eu la bonne idée de rentrer dans une librairie de Lunel et d’y trouver « Clés pour le Zen » de Thich Nhat Hanh (dont je possède toujours la première édition). Et là il m’a fallu plus que des années pour commencer à appréhender ce qu’il y avait d’écrit dans ce livre. -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- En octobre 1978, départ pour le service militaire dans la Marine qui m’a amené jusqu’à Lorient. La « quille » en 1979, si vous ne connaissez pas, ça veut dire, le service est terminé, on retourne à la vie civile. J’y retourne assez mal d’ailleurs, car en 1980, grosse chute de cheval, fracture et écrasement du poignet droit et fracture d’un doigt de la main gauche. Après trois opérations, un an d’impossibilité à bouger ma main droite et 300 séances de rééducation (j’y allais 4 fois par jour pour récupérer) pas question de rester comme ça, retour vers la Bretagne et les sorciers bretons (dont je terrai le nom car certains n’apprécieraient pas). J’ai appris beaucoup, énormément, et pas que des pratiques ou des techniques ou des rituels, non. J’y ai appris non seulement à regarder l’invisible mais aussi à accepter que d’autres formes de cognitions du monde existent, et sont tout aussi légitimes que celle que j’avais apprise du fait de l’éducation. J’y reviendrai car je me suis rendu compte que c’est exactement ce qui est le plus difficile à acquérir, même si l’on a des pratiques dites « authentiques »… Je passe un certain nombre années en compagnie de cette bande de sorciers que j’apprécie beaucoup. Un des sorciers me dit qu’avec ma tournure d’esprit et ma quête, je devrai essayer le Tai Ji Quan. A la télé passe un documentaire sur le Tai Ji et le Qi Gong. Me voilà partie en quête de ces mêmes Forces sous un autre angle. Entre temps je passe par Soultz-Haut-Rhin où vit Adolphe Landspurg, sourcier de son état (vous pouvez trouver encore tous ses livres, même si lui, a rejoint l’invisible). J’apprends à ses côtés. Je me rappelle ce matin où assis avec mon pendule à la main, d’un ciel absolument sans nuage, en moins de cinq minutes, le ciel est devenu noir d’encre, un énorme coup de Tonnerre, puis en l’espace de deux à trois minutes, un ciel d’un bleu le plus pur qui soit. -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Quelques mois plus tard, alors que je dors, je suis traversé par la foudre de part en part. Une amie Cherokee me dit que je suis devenu un « rêveur de Tonnerre ». Me voilà parti chez les « natifs », le début du chemin vers le chamanisme. Les quêtes de vision, 4 jours sans manger et sans boire. A l’époque ça rigolais pas. Et les Inipi, les huttes de vapeur. En même temps je dévore les livres de Castaneda dont je possède encore aujourd’hui, les premières éditions en français. Et, comme me l’avait suggéré un des sorciers, je suis allé découvrir le Tai Ji Quan et le Qi Gong. A l’époque, les profs se comptaient sur les doigts d’une main dans le 06. Et encore, peut-être d’une main palmée. En sortant de mon premier cours, je volais, j’ai su ce soir là que je pratiquerai toute ma vie. Me voilà donc avec ma bande de sorciers, les natifs, le Tai Ji Quan et le Qi gong et, pour faire bonne mesure, je décide d’écrire à la librairie « la Table d’Emeraude » à Paris car j’avais appris que c’était le lieu de rdv des alchimistes, et entre autres, de la lignée d’Eugène Canseliet. Quelle surprise un matin de recevoir un coup de téléphone, un téléphone « fixe à cadran », d’un alchimiste qui habitait… à 10 km de chez moi. « Bonjour, vous avez écrit à la librairie… » Rendez-vous pris, me voilà partie et me voilà dans le saint des saints pour un alchimiste, devant son athanor. Il me fait aussi découvrir « les petits philosophes de la Nature », un groupe qui pratique l’alchimie végétale. -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Je quitte mes professeurs de Tai Ji et de Qi gong qui avaient pris la mauvaise habitude de se comparer (comme quoi, pratiquer de l’authentique ne préserve pas de la comparaison) et je rejoins mon premier maitre chinois, le Dr Jian Lijun, qui arrive juste de Chine, avant qu’il ne fonde le Quimetao à Paris. Dès qu’il fonde son école, me voilà partie pour Paris pendant cinq ans, tous les trois mois, une semaine d’entrainement et le reste du temps, je donne des cours cinq fois par semaine, (deux le midi et trois le soir). La meilleure école pour se perfectionner sans cesse. En Chine, il était le vice-président de l’Association de Qi Gong Shaolin de Guangzhou. C’est avec lui que je commence à apprendre la transmission du Qi, le Wei Qi Liao Fa, terme qu’une association française a eu la bonne idée de s’approprier en déposant le nom auprès de l’INPI, décidément, les pratiques authentiques ne protègent pas des dérives… Entre temps, la naissance de mon premier enfant. Dans la chambre de la clinique où ma femme a accouché, se trouve une autre jeune femme dont le mari a pris « refuge », il est ce que nous appelons « un bouddhiste ». Une autre perspective s’ouvre, mais ceci est une autre histoire. Me voilà donc avec les Chinois, les taoistes arrivent, en fait ils sont déjà là. Rencontre avec mon premier maitre taoiste en aout 1994, juste après le décès de mon père, en juin. La dernière fois que j’ai pu lui parler, c’était le jour de la fête des pères. Arrive 1995, année ou je débute l’apprentissage de la MTC, la médecine traditionnelle chinoise, auprès d’une femme médecin, chinoise. En 1997, obtention à Nanjing de la certification en MTC. La suite, peut-être un autre jour. -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Quand tu lis mon histoire, peut-être penses tu que le hasard n’existe pas, et que tout cela serait dû à un destin. Et après tout, pourquoi pas. En ce qui me concerne, je ne le vois pas comme ça. Je suis devenu très « yin yang », jamais l’un sans l’autre, c’est-à-dire jamais uniquement du hasard et jamais uniquement du non-hasard. Je n’aime pas le « systématique » et ça tombe bien, les Chinois parlent en « chance du Ciel », Chance de l’Homme » et « chance de la Terre ». Les trois ensembles tissent une destinée et non un destin. La chance de l’Homme est que: si je ne m’étais pas bougé après l’accident de cheval, rien de tout cela ne serait arrivé. Et si je n’avais pas su « écouter » je n’aurai pas suivi le même chemin. A lire mon histoire, j’ai l’impression de lire comme une boule de billard qui suivrait un chemin tracé par une main invisible, mais voilà, ce n’est pas exactement ce que j’ai vécu. Je n’ai jamais cru à un chemin de vie, j’ai toujours cru en la possibilité d’explorer un territoire de vie, et d’y tracer son chemin. En compagnie des Forces du Ciel, de la Terre et de l’Homme. C’est ça suivre le Dao, la Voie, le Wei Wu Wei, l’agir non-agir. La Voie te suit, t’emboite le pas, elle ne te précède pas. A toi d’y aller ou pas. La Source, elle, te précède et te suit, tout en t’accompagnant. La Voie te donnera des coups de pouce si tu t’y engage pleinement, et elle te laissera aussi prendre les décisions. C’est la Voie, elle ne s’impose pas, enfin pas toujours, car parfois, oui ! Car c’est bien l’Esprit, lui seul, qui a décidé de me traverser sous la forme de foudre. Pour y créer un canal par lequel il pourrait passer. Je n’avais rien demandé. En revanche, j’ai accepté, et j’ai continué. Je n’ai jamais eu peur des Forces de l’invisible, il sera important qu’on en parle. Rien n’est systématique à mes yeux. J’ai toujours eu cette quête de « qu’est ce qu’il y a derrière », j’ai navigué au grès des vents qui m’ont toujours accompagné et qui m’accompagneront même vers l’au-delà. A mes yeux la vie est un tissage, mais pas avec mes yeux d’occidental, pas avec ma pensée d’occidental, non, avec une autre forme de cognition. Dans ces sociétés des Peuples Premiers, il n’y a pas de frontière entre l’individu et le monde qui l’entoure. La personne est tissée dans un réseau : • De liens familiaux, • De relations de voisinage, • D’obligations rituelles, • D’échanges invisibles avec les forces de la Terre et du Ciel. Et la Source de ce tissage est le Mythe fondateur de cette communauté. La maladie d’un individu n’est pas un problème "personnel" : c’est un déséquilibre du tissu social, du tissu cosmique. -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Le rôle du chaman n’est pas d’enseigner à l’individu comment "guérir seul" : c’est de ré harmoniser les relations, de restaurer les équilibres, de négocier avec les Esprits, de réinscrire la personne dans le flux vivant. C’est un tissage sacré ! Mais pas un tissage avec la vision de l’occidental d’aujourd’hui. En fait ce terme d’occidental ne veut rien dire et veut tout dire. Tu peux aussi bien etre aujourd’hui chinois et occidental, mongol et occidental, breton et occidental. Parce que non, les bretons comme les autres Peuples des régions françaises, n’avaient strictement rien « d’occidental » à part leur position géographique. Et là, l’erreur est immense que de croire que pratiquer des rituels du « cru » serait plus juste. Ces Peuples ont autant de différences de cognition du monde avec l’occidental d’aujourd’hui, que n’importe quel autre Peuple de la Terre. Je t’en reparlerai bientôt. En attendant si tu as envie de lire, je te propose "Le monde des non-A" de Van Vogt. Bientôt tu sauras pourquoi 😊 L’énigme vivante du chamanisme
Le chamanisme est une porte. Une très vieille porte. Elle grince parfois, et surtout, elle ne mène pas toujours là où on croit. Tenzin Wangyal Rinpoche (Bön tibétain) disait :"Le maître te donne les clés. Mais c’est toi qui dois ouvrir la porte. Et parfois, la serrure change." Il ne s’agit pas d’un savoir au sens académique. Le chamanisme s’enseigne, oui. Et pourtant, il ne s’enseigne pas. C’est là son mystère. Sa beauté. Sa cohérence profonde. Car oui — il y a des choses qui s’apprennent. Et elles sont précieuses. Créer un espace sacré. Manier un tambour. Entrer en voyage sans se perdre. Reconnaître un véritable signe. Différencier l’imaginaire de l’appel profond. Tout cela s’enseigne. Et cela protège. L’apprentissage est un socle. Un feu. Un cadre pour que l’invisible puisse y danser sans te brûler, car comme le disait Black Elk (Homme Médecine Lakota) "On ne joue pas avec le pouvoir des cérémonies. Il faut qu’un ancien t’enseigne comment marcher dans le cercle sacré. Sinon, tu risques de te brûler." Et pourtant ce que tu vas y chercher …C’est autre chose. Ce n’est pas une méthode. C’est une rencontre. Avec toi-même. Avec le vivant. Avec ce qui t’attend dans l’invisible depuis toujours. C’est une réponse à quelque chose qui t’appelle… Le chamanisme, c’est simultanément, un savoir faire et un savoir être. Et surtout : un savoir recevoir. Car un jour, quelque chose viendra à toi. Et là, il faudra être prêt. Pas parfait. Mais disponible. Souvent, le futur praticien vit une rupture, une expérience de déchirement intérieur. On dit qu’il est "appelé par l’autre monde". Il commence alors un long parcours, souvent semé de douleurs, de tests, de visions. Il reçoit des chants directement en rêve, apprend des langues qu’il ne connaît pas. Aucun ancien ne peut provoquer cela. Et pourtant l’ancien accompagne, offre un cadre. Mais la force vient d’ailleurs. Comme l’enseignait un chaman Evenki de Sibérie "On t’apprend comment préparer le tambour. Mais la première fois qu’il parle, ce n’est pas un humain qui t’y prépare." Apprendre, ce n’est pas trahir le mystère. C’est s’y préparer. C’est affûter ses sens. C’est devenir un petit os creux avant que l’Esprit ne vienne y verser son souffle. Tu n’as pas besoin d’être "prêt" pour commencer. Tu as besoin d’être vrai. Et curieux. Et aussi apprendre à écouter… …car comme le dit Davi Kopenawa du peuple Yanomami du Brésil "Les blancs pensent qu’ils peuvent tout apprendre tout seuls. Mais nous, on écoute nos anciens. Eux seuls connaissent les chemins des mots vrais." Alors, oui : le chamanisme s’enseigne. Il existe des traditions, des gestes, des transmissions précises. Des lignées. Des maîtres. Il faut les honorer. Et le chamanisme ne s’enseigne pas. Il se révèle. Il se transmet de l’autre côté du miroir. Il surgit. Il se mérite parfois. Il refuse l’imitation, il échappe à la saisie. Ce n’est pas une contradiction à résoudre. C’est une vérité à embrasser. Comme le silence dans la musique. Comme le souffle dans la prière. Comme la lumière dans l’obscur. Le chamanisme est un pont. Il ne tient que si les deux rives existent. Et c’est ainsi que vivre la contradiction…c’est toucher le mystère. Alors ce que l’on reçoit ensuite… dépasse tout ce que l’on croyait venir chercher ! |
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